Le terreau de vos plantes moisit le plus souvent parce qu’il reste humide trop longtemps : arrosages rapprochés, pot sans trou ou eau qui stagne dans la soucoupe, pièce peu aérée. L’extension de l’université du Maryland rappelle que la moisissure est « très courante » sur un terreau humide, que ses spores voyagent dans l’air, et que sa présence indique surtout un besoin de meilleure aération et d’arrosages moins fréquents. La plante, elle, n’est en général pas menacée par ce duvet en surface.

Avant d’agir, vérifiez tout de même qu’il s’agit bien de moisissure.

Moisissure ou dépôt calcaire : les reconnaître

Deux choses blanches peuvent apparaître à la surface du terreau, et elles ne se traitent pas de la même façon.

AspectCe que c’estCause
Duvet blanc, cotonneux ou poudreux, sur un terreau humideMoisissure (champignon)Terreau trop humide, air confiné
Croûte blanche ou beige, dure et cristalline, sur la terre ou le bord du potDépôt de sels minérauxEau calcaire, engrais

L’extension de l’université d’État du Colorado décrit la croûte blanche ou beige comme une accumulation de sels solubles venus de l’eau d’arrosage, de l’engrais ou du terreau. Ces sels remontent par capillarité, surtout quand le pot trempe dans une soucoupe d’eau. Ils ne sont pas anodins : ils peuvent brûler le feuillage, abîmer les racines et gêner l’absorption de l’eau.

Pourquoi le terreau de mes plantes moisit

Les champignons se nourrissent de la matière organique du terreau. Ils ont donc toujours de quoi manger dans un pot ; ce qui les fait proliférer, c’est l’eau. Les situations classiques :

  • des arrosages trop fréquents, faits « par habitude » plutôt qu’en vérifiant la terre ;
  • un pot sans trou de drainage, ou un cache-pot où l’eau s’accumule au fond ;
  • une plante en hiver, qui boit beaucoup moins alors qu’on garde le même rythme d’arrosage ;
  • une pièce fraîche et peu ventilée, où le terreau sèche lentement ;
  • un pot trop grand pour la plante, dont la terre reste humide loin des racines.

Le terreau neuf n’est pas en cause en soi : l’université du Maryland précise qu’un terreau ne peut pas rester stérile longtemps, même s’il l’était à l’ensachage.

Terreau moisi : que faire

  1. Grattez la surface. Retirez à la cuillère la couche blanche avec un peu du terreau de surface, puis jetez-les.
  2. Vérifiez l’humidité en profondeur. La Royal Horticultural Society conseille d’enfoncer un doigt de quelques centimètres dans le terreau, et de soulever la plante hors de son pot pour voir si de l’eau s’est accumulée au fond. Videz-la si c’est le cas.
  3. Laissez sécher le terreau en surface avant le prochain arrosage, et videz la soucoupe après chaque arrosage.
  4. Aérez : ouvrez la fenêtre quelques minutes par jour, espacez les pots trop serrés.
  5. Regardez les racines si la plante souffre. Des racines sombres et molles signalent un excès d’eau installé (RHS). Dans ce cas, un rempotage dans un terreau frais et un pot percé s’impose : voir rempoter une plante.

Inutile de sortir un fongicide : l’université du Maryland rappelle qu’aucun produit efficace n’est autorisé en intérieur, et la RHS ne les recommande pas sur les plantes d’appartement.

Terreau trop humide : que faire à long terme

Le duvet reviendra tant que le terreau restera détrempé. La solution durable est d’arroser selon les besoins réels de la plante plutôt qu’à jour fixe. Notre guide sur la fréquence d’arrosage donne les repères par type de plante. Un terreau qui reste humide attire aussi les moucherons du terreau, autre signal du même problème (voir cochenilles et moucherons).

Et pour la croûte calcaire ?

Elle se traite par un rinçage. L’université du Maryland conseille de verser sur le terreau au moins trois fois le volume du pot en eau claire, de laisser s’écouler complètement, et de recommencer tous les 4 à 6 mois. Si le dépôt est épais, un rempotage dans un terreau frais est plus simple. Pour limiter la récidive : une eau peu calcaire, des pots percés, et pas d’arrosage par la soucoupe.

Si votre terreau dégage plutôt une odeur forte à l’ouverture du sac, la question est différente : voir notre article sur le terreau qui sent le fumier.