Deux problèmes très différents, deux solutions différentes
Les cochenilles sur les plantes d’intérieur et les moucherons sont sans doute les indésirables les plus fréquents, mais ils n’ont rien à voir : les premières s’attaquent aux feuilles et aux tiges, les seconds vivent dans le terreau. Dans les deux cas, on peut s’en débarrasser sans pesticide, avec des gestes simples et un peu de patience.
Reconnaître les cochenilles sur une plante d’intérieur
Les cochenilles se présentent sous deux formes courantes à l’intérieur :
- Cochenilles farineuses : petits amas blancs et cotonneux, souvent nichés dans les aisselles des feuilles et le long des tiges. Elles ressemblent à de minuscules boules de coton.
- Cochenilles à carapace : petites bosses brunes ou beiges, plates et immobiles, collées le long des nervures ou des tiges. On les confond parfois avec des taches naturelles.
Dans les deux cas, elles sécrètent un miellat collant qui peut faire apparaître une fine couche noirâtre (la fumagine) sur les feuilles. Si vos feuilles sont poisseuses au toucher sans raison apparente, pensez-y.
Se débarrasser des cochenilles
- Isolez la plante touchée pour éviter la propagation aux autres pots, surtout s’ils sont proches les uns des autres.
- Retirez à la main les cochenilles visibles avec un coton-tige imbibé d’alcool à 70° (celui de la pharmacie) : au contact, elles se détachent facilement. C’est fastidieux mais très efficace sur une infestation modérée. Testez d’abord sur une feuille : l’université de Californie signale que l’alcool, comme le savon, peut brûler certains feuillages.
- Traitez au savon noir : diluez du savon noir liquide dans de l’eau tiède en suivant le dosage de l’étiquette, vaporisez généreusement le feuillage (dessus et dessous des feuilles), laissez agir, puis rincez à l’eau claire. Le savon noir asphyxie les cochenilles sans agresser la plante. Tous les savons noirs n’ont pas la même concentration : voir quel savon noir pour les plantes, et à quel dosage.
- Répétez le traitement chaque semaine jusqu’à disparition complète : les œufs éclosent en décalé, un seul passage ne suffit presque jamais.
- Surveillez les nouvelles pousses dans les semaines qui suivent : c’est souvent là que les survivantes réapparaissent en premier.
Une plante très affaiblie ou couverte de cochenilles peut parfois être plus simple à bouturer (en repartant de tiges saines) qu’à sauver entièrement : un crève-cœur, mais parfois la solution la plus rapide.
Le cas des cochenilles des racines
Certaines cochenilles vivent sous terre, sur les racines. Invisibles sur le feuillage, elles se trahissent par une plante qui végète, jaunit ou flétrit sans raison apparente ; en la dépotant, on découvre des amas blancs et cotonneux collés aux racines, parfois jusqu’au trou de drainage. Les cactus et plantes grasses y sont particulièrement sensibles. Vaporiser le feuillage ne sert alors à rien : sortez la plante de son pot, retirez le maximum d’ancien terreau, rincez les racines à l’eau tiède en coupant celles qui sont abîmées, puis replantez dans un terreau neuf et un pot neuf ou soigneusement lavé, en suivant notre méthode pour rempoter une plante.
Reconnaître les moucherons du terreau
Ce sont ces petites mouches noires qui volent en petits groupes autour du pot, surtout quand on arrose ou qu’on dérange le terreau. Elles sont surtout gênantes plus que réellement dangereuses pour une plante adulte : leurs larves se nourrissent de matière organique en décomposition dans les premiers centimètres du terreau, et s’attaquent rarement aux racines saines. Le problème, c’est qu’elles se multiplient vite et deviennent vite envahissantes dans un appartement.
Se débarrasser des moucherons
- Laissez sécher la surface du terreau entre deux arrosages : c’est la cause numéro un. Les larves ont besoin d’humidité constante pour se développer ; un terreau sec en surface casse leur cycle de reproduction en quelques semaines.
- Posez des pièges collants jaunes (de petits piquets à planter dans le pot, très bon marché) : les adultes sont attirés par le jaune et s’y collent, ce qui réduit vite la population visible et casse le cycle de ponte.
- Recouvrez la surface d’une couche de 1 à 2,5 cm de sable grossier, de billes d’argile ou de gravillons décoratifs : cela empêche les femelles de pondre directement dans le terreau humide.
- Arrosez par le bas occasionnellement (en trempant le pot dans une soucoupe d’eau quelques minutes) plutôt que toujours par le dessus, pour garder la surface du terreau plus sèche.
- En cas d’infestation forte, un produit à base de Bti (Bacillus thuringiensis israelensis), arrosé sur le terreau selon son étiquette, élimine les larves, indique l’université du Wisconsin, en plus des pièges.
D’autres parasites à ne pas confondre
Si ce que vous observez ne ressemble ni à des amas cotonneux ni à des moucherons autour du terreau, il s’agit peut-être d’un autre indésirable courant :
- Les araignées rouges : minuscules acariens, à peine visibles à l’œil nu, installés sous les feuilles. On les repère surtout à leurs dégâts : feuillage terne, piqueté de petits points clairs, et fines toiles entre les feuilles et les tiges. Elles prolifèrent dans l’air chaud et sec des logements chauffés : douchez le feuillage, remontez l’humidité ambiante (nos astuces dans le guide du calathea) et traitez au savon noir.
- Les pucerons : petits insectes verts, noirs ou jaunes, groupés en colonies sur les jeunes pousses et les boutons. Comme les cochenilles, ils rejettent un miellat collant. Le même traitement au savon noir en vient à bout.
- Les aleurodes : minuscules « mouches blanches » cachées sous les feuilles, qui s’envolent en petit nuage dès qu’on remue la plante. Les pièges jaunes les attirent aussi ; complétez avec du savon noir sur le revers des feuilles.
- Les thrips : insectes très fins et allongés qui laissent sur les feuilles des plages argentées ponctuées de minuscules points noirs. Plus tenaces, ils demandent des traitements répétés sur plusieurs semaines.
Un indice à ne pas négliger : des fourmis qui vont et viennent sur une plante d’intérieur signalent souvent des pucerons ou des cochenilles, dont elles récoltent le miellat.
Prévenir plutôt que guérir
Le meilleur réflexe reste l’observation régulière : inspectez le dessous des feuilles et les tiges une fois par semaine, surtout sur les plantes récemment achetées ou rentrées après un été dehors (une cause fréquente d’introduction de cochenilles à la maison ; voir comment sortir et rentrer ses plantes d’intérieur l’été). Côté arrosage, revoir sa fréquence d’arrosage pour éviter un terreau chroniquement détrempé règle une bonne partie des problèmes de moucherons avant même qu’ils n’apparaissent. Un bon éclairage et un arrosage adapté rendent aussi les plantes globalement plus résistantes : direction notre guide sur la lumière si vous avez un doute sur l’emplacement.
Si malgré tout une plante déjà fragile continue de perdre des feuilles après traitement, jetez un œil à notre article sur les feuilles jaunes, qui couvre d’autres causes à ne pas confondre avec une attaque de parasites.
Ce qui vient à bout des cochenilles et des moucherons
Cochenilles (sur les feuilles) et moucherons (dans le terreau) se traitent tous les deux sans produit chimique : alcool à 70° et savon noir pour les premières, terreau qui sèche en surface et pièges collants pour les seconds. Dans les deux cas, tout repose sur la régularité du traitement sur plusieurs semaines, et une surveillance qui devient vite un réflexe. Pour repartir sur de bonnes bases après un épisode difficile, notre guide pour débuter en 5 étapes reste une bonne piste de relecture.