Pour traiter des plantes contre les pucerons ou les cochenilles, le bon savon noir est un savon dont on connaît la concentration en sels de potassium d’acides gras. Les deux produits homologués en France pour cet usage (Neudosan et Flipper) s’emploient à 2 %, soit 20 ml par litre d’eau, d’après le dossier publié en 2026 par le GRAB, le Groupe de recherche en agriculture biologique. Pour un savon noir ménager, la dose exacte n’est pas précisée par les sources officielles, car sa teneur en savon varie trop d’un produit à l’autre.
C’est le point que l’on oublie souvent : « savon noir » ne désigne pas une concentration unique.
Quel savon noir pour les plantes : tous ne se valent pas
Le savon noir est un savon potassique, obtenu à partir d’une huile végétale et de potasse. Il contient surtout de l’eau et des sels de potassium d’acides gras, la substance active contre les insectes. Le GRAB distingue trois familles :
| Type de savon noir | Teneur en sels d’acides gras | Dosage connu ? |
|---|---|---|
| Produits homologués comme insecticides (Neudosan, Flipper) | 48 à 51 % | Oui, 2 % |
| Certains savons noirs « classiques » de marque | 15 à 30 % | Non précisé |
| Nombreux savons noirs domestiques | 5 à 15 % | Non précisé |
Un même dosage donne donc des résultats très différents selon le flacon. Le GRAB conseille de privilégier les produits homologués, « dont la concentration est garantie ». Si vous utilisez un savon noir ménager, suivez la dose indiquée sur l’étiquette pour les plantes quand elle existe, et faites toujours un essai préalable (voir plus bas).
Et surtout pas de liquide vaisselle : l’université du Connecticut rappelle que les détergents peuvent dissoudre la cuticule cireuse des feuilles et les abîmer.
Savon noir contre les pucerons : dosage et application
Le savon noir n’agit que par contact. Il dessèche la cuticule des insectes et bouche leurs orifices respiratoires, explique le GRAB ; une fois la pulvérisation sèche, il n’a plus aucun effet, précise l’université du Connecticut. Tout se joue donc sur la qualité de l’application.
- Diluez le produit selon sa concentration : 2 % pour un produit homologué, la dose de l’étiquette pour les autres.
- Utilisez une eau peu calcaire, idéalement de l’eau de pluie. Les fabricants cités par le GRAB signalent que l’eau dure peut réduire l’efficacité, et l’université du Connecticut ajoute qu’elle peut former un dépôt et rendre le mélange plus agressif pour les plantes.
- Mouillez les insectes eux-mêmes, dessus et surtout dessous des feuilles, jusqu’à ce que le feuillage soit bien humide, sans aller jusqu’au ruissellement.
- Traitez quand le séchage est lent : tôt le matin ou en fin de journée, jamais par un après-midi chaud et ensoleillé.
- N’arrosez pas le feuillage dans les 24 heures qui suivent.
- Renouvelez environ cinq jours plus tard, comme le conseille le GRAB : les insectes cachés ou encore à l’état d’œuf ont échappé au premier passage.
Savon noir sur les cochenilles
Il fonctionne, avec une nuance. L’université du Connecticut le dit plus efficace sur les insectes à corps mou (pucerons, aleurodes, araignées rouges, cochenilles farineuses, thrips) et sur les jeunes stades. Pour les cochenilles à carapace, ce sont surtout les larves mobiles qui y sont sensibles ; les adultes protégés par leur bouclier résistent mieux. D’où l’intérêt de combiner le savon noir avec un nettoyage manuel, comme nous le détaillons dans notre article cochenilles et moucherons.
Savon noir sur une plante d’intérieur : les précautions
Le savon peut brûler certaines plantes : taches jaunes ou brunes, pointes grillées. L’université du Connecticut cite parmi les espèces qui peuvent y être sensibles plusieurs plantes d’intérieur courantes :
- bégonia, dieffenbachia, schefflera, palmiers ;
- crassula (arbre de jade), euphorbe épineuse et certaines autres succulentes ;
- fougères délicates, lierre, poinsettia, gardénia.
Les fleurs ouvertes sont aussi souvent marquées. Évitez de traiter une plante stressée : en pleine chaleur (au-delà de 32 °C environ), assoiffée (revoyez d’abord la fréquence d’arrosage), fraîchement bouturée ou couverte de jeunes pousses tendres. Le GRAB souligne de son côté que le risque de brûlure augmente avec la chaleur.
Faites toujours un essai. L’université du Connecticut conseille de traiter une petite partie de la plante et d’attendre au moins 24 heures avant de traiter le reste. Sur une plante fragile comme un calathea, ce test évite bien des déceptions.
Le savon noir reste un outil simple et peu toxique pour l’utilisateur (l’université du Connecticut le dit tout au plus légèrement irritant pour la peau et les yeux), à condition de savoir ce qu’il y a dans le flacon. Un produit à concentration garantie, une dilution juste, un essai sur une feuille et deux passages à quelques jours d’intervalle : c’est ce qui sépare un traitement efficace d’un coup d’épée dans l’eau.